Un constat est aujourd’hui réalisé à l’intérieur comme en dehors de l’hexagone : la recherche publique française est excellente, mais elle est encore très peu diffusée de manière directe dans le tissu des entreprises françaises. En effet, la collaboration public/privé française est loin d’être aussi importante que chez les modèles du genre, Etats-Unis, Royaume-Uni ou Allemagne.

La France reste en retard dans la valorisation de sa recherche publique, alors que celle-ci est pourtant l’une des plus pointues du monde. Cette situation repose sur un socle de raisons propres à l’héritage culturel, économique, politique et sociologique français (clivage public/privé fort, statut des universités et des grandes écoles, statut du fonctionnaire, réticence à l’embauche des docteurs, etc.).

Les gouvernements successifs de ces dix dernières années, soucieux d’armer au mieux les entreprises françaises – donc le pays – en termes de compétitivité, ont multiplié les réformes destinées à améliorer la pénétration de la recherche publique dans le secteur privé (Réforme du Crédit Impôt Recherche, réforme du statut du jeune Docteur, réforme de la typologie des projets ANR, Pôles de compétitivité, etc.). Ces démarches ont été souvent relayées par des initiatives locales des collectivités territoriales. Si des résultats significatifs ont pu être constatés concernant la collaboration entre le secteur privé et la recherche publique, la participation de laboratoires nationaux ou universitaires à la compétitivité nationale reste encore insuffisante.

En effet, si les grands groupes et d’un ensemble croissant de PME font de plus en plus appel à des laboratoires publics dans les domaines des sciences de l’ingénieur, de l’informatique, de l’optique, de la chimie, etc. ; les collaborations recherche publique / secteur privé n’ont que très exceptionnellement lieu dans les sciences humaines et sociales. Ce constat ne s’arrête pas aux frontières françaises et très peu d’entreprises de par le monde utilisent les ressources de recherches traitant de domaines directement liés à l’activité humaine. Economie, démographie, géographie, sociologie, science politique, etc ; ce sont là autant de domaines dont l’étude pourrait profiter au secteur privé. En effet, si les entreprises ont accès via leur ressources et leurs partenaires à de l’information vulgarisée sur l’ensemble de ces domaines, elles ne disposent cependant du corpus de données et des analyses pointues que seraient susceptibles de leur fournir les laboratoires de sciences humaines et sociales.

Dans le cadre de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’économie de la connaissance », il s’agit là pourtant de partenariats à très haute valeur ajoutée, dans la mesure où les informations stratégiques de première main peuvent changer assez profondément les contours d’un projet commercial, d’une politique de communication ou des velléités d’implantations, et donner à celui qui les détient un avantage décisif. Il s’agit d’une démarche d’autant plus pertinente lorsque l’acteur privé souhaite se pencher sur des thématiques et des problématiques dont le théâtre géographique est éloigné de sa zone d’activité habituelle.

Glaizer Group est un laboratoire de recherche privée, dont l’un des principaux objectifs est de rapprocher la recherche en sciences dites « exactes » des entreprises françaises, en prenant en charge leurs projets d’innovation. Fort d’une longue expérience dans ce domaine, Glaizer Group a constaté à de nombreuses reprises le dénuement de structures, parfois de grande taille, face à des problématiques touchant les sciences sociales.

C’est dans cette optique que Glaizer Group a signé une convention cadre avec L’Institut des Amériques en décembre 2009.

Cette institution regroupe 1000 chercheurs dans de multiples disciplines des sciences sociales qui sont spécialisés sur la zone des Amériques, de l’Alaska à la terre de feu. L’idée sous-jacente du partenariat entre Glaizer Group et L’Institut des Amériques est de mettre à la disposition des acteurs du secteur privé des ressources de recherche très pointues, de la même manière que Glaizer Group l’effectue aujourd’hui pour les sciences dites exactes. L’Institut des Amériques n’a pas, a priori, l’expérience de l’établissement et du maintien de relations commerciales, ou de l’organisation de l’interfaçage entre une structure privée et un ensemble de chercheurs dont la totalité de la carrière a souvent été effectuée dans le cadre universitaire. Ce n’est pas pour autant que la recherche effectuée par les académiques du réseau ne doive pas être valorisée auprès d’un secteur privé qui en a réellement besoin. Il s’agit de mettre en oeuvre une approche gagnant-gagnant en permettant à des entreprises de bénéficier de prestations de recherche à très haute valeur ajoutée et à une institution de faire rayonner son travail académique, tout en percevant une rémunération indispensable à son développement.

Dans le cas présent, Glaizer Group fait office de structure support, mais aussi de conseil. Support puisque L’Institut des Amériques (comme beaucoup de laboratoires publics, de fondations ou de groupements d’intérêt scientifique) ne disposent pas encore en interne des ressources et des outils nécessaires à son interaction avec les entreprises. Conseil, puisque le travail des chercheurs du réseau de L’Institut des Amériques doit être formaté de manière à ce que celui-ci soit utilisable par des acteurs du secteur privé.

Cette convention cadre a été inaugurée dans le cadre d’une première mission. L’Institut des Amériques (IdA), en partenariat avec le Groupe de Recherche et d’Echanges Technologiques (GRET) et Glaizer Group, a répondu à un appel d’offre émis par l’Agence Française de Développement (AFD) portant sur une étude sur les dynamiques économiques et sociales et les enjeux des politiques publiques en Amérique latine.

Le groupement a réussi à réunir un nombre important de spécialistes de la zone pour mener à bien cette étude et a remporté cet appel d’offre au mois d’avril 2010. La version finale de l’étude d’environ 400 pages a été livrée à l’AFD le 30 juillet 2010. Cette étude a pour vocation d’être le principal support de réflexion du département Amériques latine & Caraïbes de l’AFD dans la détermination de sa stratégie d’approche par rapport aux pays de la zone. La remise de cette étude a donné lieu à un séminaire de présentation au sein de l’AFD en présence de personnels de l’OCDE et du Ministère des Affaires Etrangères les 30 septembre et 1er octobre 2010.

L’action conjointe de L’Institut des Amériques et de Glaizer Group constitue un exemple significatif de synergie recherche publique / acteur répondant à une logique privée (l’AFD est un EPIC). De plus, cette action commune n’a pas répondu à un effet d’aubaine ou à une nouvelle création gouvernementale, mais bien à un réel besoin d’expertise dans le domaine des sciences humaines et sociales. Nous demeurons persuader que les acteurs privés ont besoin de contenu informationnel stratégique pointu autant qu’elles ont besoin de compétences et de savoir-faire techniques pour assurer leur viabilité et leur développement économique. Nous sommes convaincus que ce type de partenariats démontrera toute sa pertinence dans les années à venir.

François PINEAU

Agence Français de Développement

L’institut des Amériques et Glaizer Group ont donné corps à leur convention de partenariat.

L’approche opérationnelle de Glaizer Group combinée aux ressources académiques de l’Institut des Amériques leur ont permis de mener à bien une étude sur l’Amérique latine pour le compte de l’Agence Française de Développement.

L’innovation, aujourd’hui au centre du discours politico-économique sur la compétitivité des entreprises, n’est pas une notion facile à appréhender.

Les tenants des théories de l’innovation s’essayent donc à des distinctions pour en définir au mieux les contours et permettre à ceux qui sont censés la mettre en œuvre – les entreprises – d’en percer les mystères.

Ainsi, on distinguera, par exemple, les innovations de rupture des innovations incrémentales, et l’on déroulera autour de ces deux concepts des séries de définitions, de protocoles et de savants modèles visant à mesurer les bénéfices potentiels de leur mise en œuvre par rapport à la prise de risque qu’implique chaque voie.

Intéressons-nous à la distinction que l’on réalise entre l’innovation technico-scientifique et l’innovation de marché.

Le premier cas est celui auquel on pense immédiatement lorsque le sujet de l’innovation est évoqué. On s’imagine alors une équipe de chercheurs, d’ingénieurs ou même un technicien, qui raisonnent sur une problématique donnée et qui, grâce à une nouvelle approche, inventent une manière plus pertinente de répondre à cette problématique. Que l’on soit très éloigné ou très proche du domaine applicatif, on peut identifier plusieurs scenarii de résolution qui aboutissent à un progrès technique, pierre angulaire d’une innovation :

  • celui fruit d’avancées diverses sur des composantes distinctes de la problématique traitée ;
  • celui résultant d’une combinaison innovante de réponses techniques déjà existantes (interfaçage innovant) ;
  • celui dû au rapprochement de la problématique traitée avec des problématiques distinctes existantes et résolues ainsi qu’au raisonnement par analogie.

Le progrès technique ainsi obtenu doit répondre plus efficacement que l’existant au besoin d’un consommateur final ou bien générer un nouveau besoin de nature à entrainer la création d’un nouveau marché ou segment de marché. Si c’est le cas, on peut alors dire qu’il y a innovation.

Le cas de l’innovation de marché est lui plus compliqué à caractériser. Il s’agit de proposer à l’acceptation du marché quelque chose de nouveau sans que cela n’ait été motivé par une avancée technologique, mais au contraire en s’appuyant sur quelque chose qui existe déjà auquel on applique une nouvelle approche.

Ce type d’innovations relève, à première vue, plus du résultat d’une vision que de la mise en place d’un ensemble de conditions propices à son émergence.

Pourtant, à bien y regarder, les innovations de marché sont le résultat de mécanismes comparables à ceux qui sont à l’œuvre dans le domaine technico-scientifique évoqué plus haut :

  • fruit d’avancées ou de la maîtrise poussée des composantes d’un marché (offre, demande, modèles économiques, acteurs présents, etc.) ;
  • combinaison innovante de réponses marché existantes pour en constituer une nouvelle ;
  • rapprochement d’une problématique marché non ou mal adressée au moyen de solutions fonctionnant sur d’autres marchés et au raisonnement par analogie.

Au même titre que des politiques publiques et des initiatives privées ont été initiées pour stimuler les rapprochements techniques et scientifiques entre les acteurs publics et privés de la R&D, il faut désormais réfléchir aux différentes manières d’encourager les innovations de marché, toutes aussi créatrice de compétitivité et donc de PIB et d’emplois.

Si l’on pousse plus en avant l’analogie entre l’innovation basée sur le progrès technique et l’innovation de marché, on peut dégager une piste intéressante de manière à stimuler cette dernière : l’interculturalité.
L’interculturalité est un concept très riche qui recouvre une pluralité de situations. S’il qualifie parfaitement l’expérience qui consiste à mélanger des docteurs du public à des ingénieurs du privé, il pourrait également s’appliquer à l’innovation de marché. En effet, il serait souhaitable de faire tomber les barrières qui cloisonnent encore trop souvent les marchés et les acteurs qui y évoluent.

Mais, outre la coopération inter-domaine, ce concept d’interculturalité recouvre une autre dimension : la coopération internationale. Véritable casse-tête des managers dans les années 80-90 suite au mouvement d’internationalisation massifs des firmes, la collaboration de ressources humaines travaillant dans le même domaine mais de cultures radicalement différentes a souvent produit des résultats surprenants d’inventivité et de qualité.

Ramenée aux problématiques marché et à la manière de les adresser, cet aspect de l’interculturalité constitue un axe de créativité à exploiter. Ainsi, si chaque marché national possède ces caractéristiques économiques et juridiques propres, des solutions privilégies dans certaines situations et lieux géographiques, peuvent recéler tout ou partie d’une solution dans un autre pays. Cette approche interculturelle des problématiques marché est d’autant plus pertinente qu’elle s’appuie sur des ressources travaillant dans des pays avec des niveaux de développement différents. De quoi offrir un spectre de collaboration très large et des innovations en nombre.

François PINEAU

Les mathématiques, l’avenir de l’homme ?

Lundi, 11 janvier 2010 - publié par Glaizer

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Pour la première fois depuis vingt-deux ans, les mathématiciens français tenaient à Paris, le 1er et 2 décembre, les Etats généraux de leur discipline. Avec, au centre des discussions de ce colloque baptisé « Maths à venir », comment intéresser les jeunes étudiants à cette discipline qui est pourtant au cœur de l’ensemble de nos préoccupations quotidiennes. En effet, les mathématiques sont à la base d’un nombre incalculable de réalisations technologiques et processus industriels, au cœur d’outils de modélisation et de prévision qui font le bonheur de certaines startups du web actuel. Mais nous pouvons également parler de mathématiques lorsque les chercheurs abordent des sujets concernant la microélectronique, les simulations numériques de systèmes complexes comme la climatologie, dans le fonctionnement de l’informatique des salles des marchés financiers, etc.

Alors pourquoi constater aujourd’hui, un problème dans le recrutement de jeunes mathématiciens alors que la discipline est plus que jamais incontournable ? C’est à travers cette simple question, dont la réponse est complexe, que le colloque « Maths à venir » a souhaité orienter les dialogues entre mathématiciens présents. En surfant sur le site web éponyme du colloque, il est intéressant de se concentrer sur les témoignages de deux jeunes mathématiciens, Nalini Anantharaman, 33 ans, professeur de mathématiques à l’Université Paris Sud-Orsay et Josselin Garnier, 38 ans, professeur de mathématiques à l’Université Paris-Diderot, extraits :

Nalini Anantharaman : « Souvent, on ne pense pas que les mathématiques puissent être une carrière. Aux yeux de beaucoup de gens, être bon en maths permet de faire d’autres choses (ingénieur, par exemple), mais pas mathématicien. »

Josselin Garnier « Il suffit de voir les bureaux des mathématiciens pour comprendre qu’il en existe de tous les styles. »

Nalini Anantharaman : « Il faut aussi être créatif, mais la créativité en mathématiques, ça veut dire savoir poser de bonnes questions et pas seulement savoir trouver des réponses. Il faut aussi savoir convaincre ses collègues de l’intérêt des questions que l’on pose. »

Il y a également une rubrique très intéressante sur les mathématiques et notre société, dans laquelle Catherine Goldstein, évoque le point suivant : « quand nous parlons de « mathématiques et société », nous avons tendance à penser en termes de « nous » et « eux », la société est assimilée au grand public indifférencié des médias, et les discussions se restreignent vite aux problèmes d’enseignement, principalement ceux de formation initiale ou aux problèmes de diffusion des mathématiques. Les intermédiaires à convaincre et à former sont toujours les mêmes, enseignants, journalistes ». Sur ce point, nous pensons chez Glaizer, qu’il faut aussi convaincre les chefs d’entreprises, car se sont eux qui peuvent faire rentrer les mathématiques dans leurs entreprises. Comment ? En les intégrant dans un programme de recherche et développement permettant à leurs entreprises de diversifier non pas le paradigme de leur structure business, mais tout simplement en optimisant leur visibilité technologique en proposant de nouveaux produits innovants.

Demandez à Glaizer d’agir au cœur de votre innovation technologique, en cliquant sur le lien suivant : Glaizer – Contact